Agence Régionale du patrimoine Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Compte-rendu de la réunion du Comité Scientifique de l’OBSERVATOIRE

du 1er février 2006, à l’Agence Régionale du Patrimoine

mercredi 22 février 2006, par Chloé

Étaient présents :

- Philippe Joutard, Historien, Président de l’Agence Régionale du Patrimoine
- Xavier Greffe, Economiste, Université Paris 1
- Maurice Parodi, Economiste, Collège Coopératif PAM
- Jean-André Carreno, Directeur Collège Coopératif PAM
- Françoise Autric, chargée de mission Patrimoine, Conseil Régional
- Marc Bonnefoy, Directeur Observatoire Régional du Tourisme PACA
- Didier Horcholle, Délégué Régional du groupement des entreprises MH
- Bernard Millet, Directeur de l’Agence Régionale du Patrimoine
- Hervé Passamar, Agence Régionale du Patrimoine
- Perrine Vigoureux, Agence Régionale du Patrimoine
- Vincent Gaston, Agence Régionale du Patrimoine
- Chloé Woestelandt, Agence Régionale du Patrimoine

Excusé :

- J-Ch Simon, Conservateur régional des Monuments Historiques, DRAC


Rapport sur l’installation, l’organisation et les activités du Comité scientifique de l’Observatoire des retombées économiques et sociales du Patrimoine en PACA.

Philippe Joutard ouvre la réunion en présentant à l’ensemble des participants un rapide historique de l’Agence Régionale du Patrimoine (ARP), les buts et objectifs de cette dernière, son organisation, ses liens avec le domaine politique ainsi que ses principales évolutions.
Le Président termine son ouverture en montrant la cohérence et l’utilité de la mise en place du Comité scientifique selon une initiative de l’ARP. Et cela en effet, pour deux raisons :

  • Premièrement, l’Observatoire va entreprendre diverses études qui portent sur un axe fort en rapport avec la mission de l’Agence. Mission qui consiste non seulement à mettre en valeur le patrimoine et à faciliter son accès à tous publics (gérer la mémoire collective en rassemblant les citoyens dans leur diversité), mais mission qui tente également de montrer que le patrimoine est un élément de l’économie moderne et qu’il n’est pas uniquement synonyme de passé,
  • Deuxièmement, l’installation de l’Observatoire s’inscrit parfaitement dans la lignée directrice de coordination de l’ARP. À savoir en effet que l’Agence est caractérisée par une organisation très souple et une structure réduite qui lui permettent de fonctionner selon une logique de réseaux et avec une volonté forte de ne jamais se substituer aux autres.
    De plus Philippe Joutard insiste sur une double articulation des missions de l’Agence autour, d’une part de l’art contemporain avec la politique de commande et d’autre part des territoires avec la participation à de nombreux comités de pilotage.

Le Président de l’Agence passe la parole à Bernard Millet qui insiste à son tour sur l’importance de la prise en compte du Patrimoine, et cela d’autant plus dans la région PACA qui bénéficie d’une collection patrimoniale significative.
Après l’avancée effectuée par le Plan Patrimoine Antique qui a établi, de manière quelque peu irréversible, divers comités et discussions portant sur le patrimoine, il paraît nécessaire que ce dernier soit désormais pris en compte et étudié dans une optique scientifique et économique. D’où la mise en place d’un Observatoire qui accomplirait cette étape de manière « officielle » et qui répondrait, en partie, à un besoin d’outils d’études et d’analyses devenus aujourd’hui essentiels en PACA. La région souffre en effet d’un manque important concernant les données précises et d’éclaircissement du patrimoine. Ces informations s’avèrent être primordiales dans le rapport avec la sphère politique, et Bernard Millet insiste sur le fait que l’ARP et l’ensemble des structures portées sur le patrimoine doivent être en mesure de communiquer de manière réactive des données précises aux responsables de région, aux élus et aux décideurs publics qui ont la gestion de l’élément Patrimoine.

Hervé Passamar présente le travail accompli par cette première étude, et expose les deux actions entreprises au premier semestre 2006.

  • Concernant la première étude de 2005, les objectifs, préalablement fixés avec le Collège Coopératif, semblent avoir été atteints. Il s’agissait en effet de préciser et de qualifier le Patrimoine, de rejeter les idées reçues associées à ce terme ; il s’agissait aussi de mettre en place un dispositif d’observation qui permette l’identification des évolutions et des changements liés au patrimoine. Hervé Passamar appuie sur le fait que toute vision statique a été évitée durant l’étude, et que la base a été de mettre en place un système d’action, légitimant d’ailleurs l’existence de l’ARP. La démarche était de voir, d’identifier et de connaître un maximum d’acteurs de la sphère « patrimoine » (et donc en parallèle, ceux qui entourent l’ARP) ainsi que de découvrir les complicités établies entre eux.
  • Concernant les actions envisagées en 2006, il parle d’abord de la réalisation d’un guide méthodologique. Après l’établissement d’un réseau de relations et de contacts (étude sus-citée), il est nécessaire de participer à des comités, à des réunions, et le problème de l’outillage se pose alors. La réponse à ce problème est le guide, qui serait non seulement un outil scientifique de comptes mais qui serait en même temps doté d’une approche en termes de philosophie et de principes d’action. Le but est d’élaborer un outil aux diverses dimensions, structuré en trois parties : les informations à proprement parler sur les diverses dimensions, la méthodologie, et une grille pour guider les gestionnaires dans l ‘évaluation de l’impact socio-économique de leurs monuments. Le guide devrait faire l’objet du cahier n°3 de l’ARP.
    Hervé Passamar aborde ensuite l’extension de l’étude au champ des musées. Le contact établi avec l’Association Générale des Conservateurs des Collections Publiques de France (AGCCPF) pousse l’ARP à se rendre compte de l’intérêt d’avoir des données sur les musées et leur(s) impact(s).

À la suite de ces premières présentations, un premier tour de table est effectué :

- Maurice Parodi insiste sur l’importance du savoir partagé et réagit sur le terme d’ « observatoire ». Il le trouve « dérangeant » dans le sens où il se rapproche d’une sorte d’ « amalgame à experts », et lui préfère le terme de « système d’observation » dans lequel on trouve davantage une idée de partage des enjeux. De plus, un observatoire a sa logique propre mais n’est pas suffisamment ajusté au système acteurs alors que le système d’observation contient des enjeux tournés vers les acteurs.
- Didier Horcholle pense que la création du Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) prouve clairement l’atteinte des objectifs : le GEIQ est un élément concret de mise en route du lien socio-économique et patrimoine.
- Bernard Millet ajoute à celle-ci d’autres preuves dont la prise de contacts entre l’ARP PACA et deux autres régions (Bourgogne et Midi-Pyrénées) concernant la volonté de ces dernières de prendre en compte activement leur patrimoine.
- Enfin, Françoise Autric clôt ces interventions en rappelant qu’il ne faut pas laisser de côté le « petit patrimoine » qui est important en PACA. Celui-ci, confirme le directeur de l’ARP, concentré essentiellement dans le haut-pays et pour l’instant non protégé, devra être considéré si le Comité Scientifique tient à étudier correctement l’objet « patrimoine ».

Xavier Greffe prend la parole pour s’intéresser alors plus particulièrement à l’installation du système d’observation. Il confirme l’importance et la nécessité d’une étude portée sur le Patrimoine car celui-ci est une composante de la création (d’où une nouvelle fois, ce lien entre passé et avenir). Il évoque à ce propos son changement radical de position depuis sa première étude sur le patrimoine il y a 25 ans : il travaillait alors sur la valorisation mais il s’est aperçu que le potentiel de développement de la Culture n’est pas que capté par la Culture mais concerne un champ beaucoup plus vaste (Industries de la créativité, métiers d’art, construction, patrimoine intangible). C’est en cela que le patrimoine devient une composante de la création.

Maurice Parodi prend la suite pour présenter l’organisation même du système . Il insiste sur le fort taux de mortalité des observatoires qui est provoqué par la difficulté de mise en place d’un système et par le risque de perdre les objectifs de départ (suite à quoi les élus financeurs n’en voient plus l’utilité). Il existe aujourd’hui de surcroît une tendance qui consiste à penser que les études ne servent à rien. Or, selon Monsieur Parodi, ces leurres doivent être contrés, notamment par la création d’un système d’observation endogénéisé qui s’appuiera sur différents organismes et institutions.

  • le système acteurs : il est en premier lieu important de recenser le système-acteur local. Dans les objectifs, tout est misé sur la simplicité technique afin de pouvoir suivre l’observation régulièrement. Il faut cependant faire attention à ne pas attaquer ainsi la qualité technique des études. Pour ce qui est de l’opérateur, celui-ci est complètement intégré au système.
  • le « système procédures » : La circulation de l’information se fera de manière didactique. Il faudra veiller à ce que le système soit constamment animé, et pour ce faire, les réseaux d’échanges seront utiles. Maurice Parodi pose la question de la mise en place d’un comité de pilotage, à laquelle Xavier Greffe répond qu’il vaut mieux garder une structure souple et légère, d’autant plus que le Comité est déjà mixte et comprend divers organismes.

  1. le contenu des études du système d’observation
    Xavier Greffe demande alors aux participants sur quoi porteront les études entreprises par le système d’observation. Il faut se poser la question de la définition des termes et des champs des diverses études, mais aussi de savoir précisément quelles informations l’on veut avoir : est-ce qu’on s’interroge sur les retombées du patrimoine (juste les créations d’emplois...) ou également sur l’action/les actions du patrimoine ?
    Bernard Millet pense qu’il est très important de porter toujours la priorité des études sur la question de la fréquentation. C’est un élément qui est classé dans la catégorie « urgence » car l’ARP doit être en mesure de communiquer des chiffres à ce propos.
    Hervé Passamar intervient pour ce qui concerne les objectifs de base, notamment la pluralité et la diversité des études. Étant donné que le système d’observation va être relativement mixte, il faut privilégier des études globales qui touchent à plusieurs domaines en même temps (il appuie sur l’intérêt de fournir des études aux multiples « couleurs » : économie, sociologie...)
  2. les points à finaliser, les idées autour du système d’observation
    Selon Maurice Parodi, l’outil, l’exploitation des données ainsi que les analyses restent à finaliser. Il attire en effet l’attention des participants sur le fait que les signaux ne doivent pas être trop pointus au risque de devenir contre-productifs. De plus, il lance la question des moyens d’animation du réseau d’acteurs que le Comité se donne : réunions, formations ?...Maurice Parodi ajoute qu’il faudra être prudent en ce qui concerne la « création de valeur » notamment, à l’issue d’études et d’analyses. Ce sont les quelques derniers éléments qu’il reste à travailler pour que l’installation du système d’observation soit aboutie.
    Philippe Joutard parle de l’idée intéressante de favoriser l’association d’étudiants de master pour la réalisation et le suivi des études du système d’observation. Effectivement, d’un point du vue rapport qualité-prix, cette coopération lui paraît être idéale. À partir du moment où l’on privilégie rapidité et qualité, l’emploi d’étudiants s’avère être une excellente solution.
  3. les priorités du système d’observation
    Philippe Joutard termine la réunion sur le recensement des priorités actuelles du système, c’est-à-dire :
    1. la réalisation du guide méthodologique simple, sans être « simpliste », et opérationnel ; avoir une ligne de conduite relativement fine (déterminer les types de publics du patrimoine, ce qu’implique le tourisme patrimonial...) ; et enfin éclairer le rapport musées-monuments (chercher pourquoi le taux de monovisites est aussi important en PACA...). Il faudra également le tester concrètement avant de procéder à sa diffusion.
    2. le champ est définitivement placé : il s’agit du patrimoine protégé matériel (monuments inscrits, protégés, visités), avec en ligne de mire un élargissement au patrimoine immatériel (patrimoine culinaire, langue, folklore) et au « petit patrimoine ».
    3. l’organisation d’une réunion au dernier trimestre 2006 afin de partager le savoir-faire et de réunir trois séries d’acteurs : les auteurs, les responsables politiques et les autres acteurs (associations...)
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