Agence Régionale du patrimoine Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Étude nationale des retombées économiques et sociales du patrimoine

Éditorial d’Isabelle Maréchal, directrice-adjointe de l’Architecture et du Patrimoine.

mercredi 30 avril 2008, par Pascal Guillermin

La direction de l’Architecture et du Patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication est responsable de la protection, de la conservation et de la transmission aux générations futures du patrimoine de la nation. Elle a pour objectif de « rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d‘abord de la France, au plus grand nombre possible », selon les termes utilisés par André Malraux pour définir les missions du ministère qui vient de fêter son cinquantenaire. La mise en valeur des monuments, leur ouverture à la visite, à l’année, saisonnière, ou ponctuelle pour les « Journées européennes du patrimoine », ont fait naître un véritable engouement du public, récompensant des décennies d’efforts conjugués et patients de l’État, des collectivités territoriales et des propriétaires privés pour la restauration et la mise en valeur des monuments historiques. Mais en dépit de ce succès objectif, le patrimoine reste encore souvent perçu comme une charge et une source de contraintes, alors que nous avons la conviction qu’il est au contraire, au-delà de sa richesse intrinsèque, un atout majeur pour l’attractivité des territoires, l’équilibre économique, l’identité et la cohésion sociale.

Il était donc temps de se pencher sur l’impact économique du patrimoine dans nos régions, de tenter une évaluation du « retour sur investissement » des crédits publics consacrés à sa restauration et sa mise en valeur. L’Agence Régionale du Patrimoine en région Provence-Alpes-Côte d’Azur avait en 2005 entrepris cette évaluation au niveau de la région et mis au point la méthodologie d’une telle étude en liaison avec l’université d’Aix-Marseille. L’’intérêt suscité par ces premiers résultats auprès des parlementaires, des élus locaux, des associations de défense du patrimoine et des entreprises, a conduit la direction de l’Architecture et du Patrimoine à demander à l’Agence d’entreprendre la même étude au niveau national. Menée sur la base des mêmes principes méthodologiques, l’étude dont ce numéro présente la synthèse développe des axes d’analyse plus affinés et plus complets. Elle offre à chaque région un outil de connaissance du patrimoine de son territoire, de sa fréquentation, des résultats économiques de son exploitation, de son impact sur l’équilibre économique régional.

Cette évaluation ne prétend pas à une exactitude mathématique. Elle a le mérite cependant de donner un instrument de pilotage et d’évaluation aux gestionnaires du patrimoine et de rendre visible l’activité des entreprises qui concourent directement ou indirectement à la restauration du patrimoine ou qui bénéficient de son ouverture au public.

La mission fondatrice, incontestable, de conservation et de transmission aux générations futures est une obligation morale et culturelle de l’État et de tous les propriétaires du patrimoine. Mais il n’est pas inutile de montrer que la légitimité des deniers publics consacrés à cette mission est renforcée par la place, ici mise en évidence, que tient le patrimoine monumental dans l’attractivité et le dynamisme des territoires.


Isabelle Maréchal
Directrice-adjointe de l’Architecture et du Patrimoine
Ministère de la Culture et de la Communication

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